Au cours de la nuit de l’optimisme organisée par Christine Cayré, on a marché ensemble les yeux fermés en se faisant confiance. On a échangé des expériences positives, chanté et bruité et puis on a planché sur la confiance en entreprise et toutes les questions qui en découlent.
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Le débat de clôture animé par Sophie Peters a repris les travaux en ateliers. Les intervenants Laurence Baranski, Vincent Dormieu, Emmanuel Jaffelin, Jacques Lecomte, Nicolas Peltier  ont évoqué : « le management éclairé » avec en prime deux témoignages très concrets d’entreprises libérées (Anatole et inov’On). Des entreprises qui ont gommé tous les signes extérieurs de pouvoir en les remplaçant par la liberté et la confiance.

 

l'arbre à optimisme

l’arbre à optimisme

Quelles sont les conditions de la confiance ?

On peut faire confiance parce qu’on se sent en sécurité. Faire confiance s’est aussi se mettre en position de vulnérabilité : ce qui est possible grâce à la confiance en soi ou l’estime de soi. La vulnérabilité crée le besoin de travailler avec les autres autour d’un projet commun.

L’échec est nécessaire à la confiance :

La confiance repose aussi sur le droit à l’échec. Les témoins de l’entreprise libérée ont insisté sur l’importance du droit à l’échec. Car l’échec est un vecteur de confiance. Quand les collaborateurs savent que leurs manageurs acceptent la possibilité de l’échec, il leur est beaucoup plus facile leur faire confiance.  On acquiert la confiance par le biais des erreurs, précise-t-on chez Inov’On une des entreprises libérées présentes dans le débat.  Le pouvoir est donné aux hommes de terrain : « Notre patron nous encourage à faire des erreurs et lorsque nous en faisons ce sont donc des erreurs collectives ». Or en France, on considère l’échec comme une fin de non-recevoir alors qu’aux États-Unis l’échec est perçu ni plus ni moins comme une expérience.nuit de l'optimisme

 Autre clé de la confiance en entreprise : la transparence.

La transparence des finances de l’entreprise augmente la confiance des salariés vis-à-vis de la direction et a son corolaire : la transparence du collaborateur sur ce qu’il sait faire et ce qu’il ne sait pas faire.

La gentillesse une des piliers de la confiance en entreprise.

La gentillesse renforce la capacité à former une unité. Des démarches qui sont la clé d’une harmonie à condition de ne pas considérer l’entreprise comme une unité servant exclusivement la production de richesse, mais aussi comme une matrice de sociabilité : un lieu où les hommes se rapprochent.

openmind kfe partenaire de la nuit de l'optimisme

openmind kfe partenaire de la nuit de l’optimisme

Comment concilier confiance et contrôle ?

La confiance exclue le contrôle : elle est sincère ou elle n’est pas. Elle est au service d’une communauté et non au service du profit de l’entreprise. L’exemplarité du dirigeant est indispensable c’est le relais des conditions de la création de la confiance dans l’entreprise : il faut un dirigeant authentiquement prêt à témoigner de sa confiance. La confiance est une co-construction qu’il faut vivre avec sincérité.

Il faut bien faire la distinction entre les deux types de confiance, rappelle Jacques Lecomte : la confiance dans les capacités du collaborateur et la confiance dans son honnêteté. Il ne faut  pas remettre en cause l’honnêteté quand il s’agit d’un problème de compétence.

À quoi carbure la confiance ?

Le moteur de la confiance c’est l’envie, le goût du travail bien fait et le plaisir aussi. Au-delà des organisations, la confiancel'arbre à optimisme repose aussi sur la qualité des relations humaines. Comment regarde-t-on l’autre et à quel point croit-on en son potentiel ? Cadré par des valeurs communes qui génèrent les principes de fonctionnement et de gouvernance de l’entreprise : le salarié sait  où « on va ensemble » et va définir son action dans les schémas prédéfinis. C’est le stade qui permet le retournement du management : c’est-à-dire la libération.

Pour Emmanuel Jaffelin : « L’entreprise est un lieu gentil, un lieu anoblissant » . On ne peut être un manager que si on aime les personnes : aimer que les salariés aiment leur travail. « L’amour du travail bien fait ».

Le débat s’est achevé sur  une réflexion de Nicolas Peltier qui a invité à décloisonner l’amour apanage des vies personnelles (30% du temps) et interdit dans les vies professionnelles (70% du temps). La confiance ouvre la voie à l’amour : une piste pour l’année prochaine ?

fresque collectivePour conclure les 5 clés de la confiance en entreprise sont l’échec, la transparence, la vulnérabilité, la gentillesse et le plaisir (aussi !)….

Pour réussir l’installation de la confiance et le changement et en finir avec ce vieux tandem syndicat/patron qui vit dans la défiance réciproque depuis 100 ans, changeons de logiciel, formons-nous à toutes ces merveilleuses méthodes collaboratives et échangeons nos tristes salles de réunion et de bureau, pour des espaces de confiance.

Xavier Ginoux