Et si la mixité homme/femme n’était plus une question en entreprise ?

 

Pour l’afterwork du 2 mai, DB&A, agence pionnière dans la conjugaison des mondes de l’entreprise et du théâtre, s’est intéressée à la manière de réinventer l’entreprise en se concentrant sur la question de la mixité. Un sujet qui fait couler beaucoup d’encre et auquel de nombreuses entreprises se sont attelées… et qui pourtant persiste. Quels freins individuels, culturels et structurels à l’égalité homme/femme en entreprise ? Quels leviers pour faire de la mixité une réalité à tous les échelons ?

 

Etat des lieux

 

« La mixité : nous n’y sommes pas encore ! » c’est ainsi qu’Anne-Cécile Sarfati, rédactrice en Chef de Elle Active débute son intervention. Quelques chiffres à la clé : 10 % des PDG en France sont des femmes, les écarts de salaire entre hommes et femmes dus à la discrimination perdurent et représentent toujours environ 15%, la présumée indisponibilité des femmes étant très vite anticipée.

 

Mais pourquoi de tels chiffres en 2016 alors que les femmes sont autant voire plus diplômées que leurs collègues masculins ? Les freins sont de 3 ordres :

  • Au niveau de la société tout d’abord. Cela peut sembler incongru de dire cela en 2016, mais la société reste peu adaptée au travail féminin. Quand la moyenne nationale des places en crèche reste de 16 places pour 100 enfants et quand 60 % des taches ménagères et domestiques sont toujours réalisées par les femmes, l’équation entre vie pro/perso reste complexe.
  • Au niveau du monde de l’entreprise, qui reste un monde de travail conçu par les hommes pour les hommes. Les horaires réunions, les réseaux d’influence et les systèmes de promotion autour de 30/40 ans pénalisent toujours les carrières des femmes. La maternité reste un frein important dans leur carrière quand a contrario, pour les hommes, l’arrivée d’un enfant boosterait leurs carrières.
  • Au niveau des mentalités et stéréotypes : les femmes sont surreprésentées dans certaines branches professionnelles : le social, les soins… branches moins rémunératrices, ce qui ne fait qu’accentuer les écarts de salaires et perdurer les représentations genrées de certains métiers.

 

Anne-Cécile Sarfati en est convaincue, des leviers existent. Que cela soit au niveau macro en faisant entendre la voix des parents dans le débat public pour faire progresser la question de la parentalité ou au niveau des entreprises. Plans de rattrapage salarial, crèches d’entreprises, report de l’âge de détection potentiel après 40 ans… les actions sont nombreuses et de tout ordre tant coté grandes groupes que PME.

 

Les femmes ont elles aussi des marges de manœuvre individuelles importantes. Le plafond de verre est physique, mais peut aussi être psychologique. C’est l’objectif du forum Elle Active, crée par Anne-Cécile : donner des clés aux femmes et leur faire prendre conscience de leur potentiel. Parmi ces clefs, on a retenu :

  • Prendre conscience des règles non-écrites, être moins dans la posture de la bonne élève et oser davantage.
  • Développer et faire vivre son réseau, accélérateur d’opportunités sur lequel capitaliser
  • Se faire confiance, oser demander, ne pas avoir peur de faire : les études montrent qu’un homme qui pense avoir 60% des capacités pour un poste postule alors qu’une femme attend d’avoir 110% des capacités pour tenter sa chance.

 

Et si demain on inventait un monde où la mixité ne serait plus un sujet ?

 

Oser c’est d’abord prendre conscience de ses forces et apprendre à les valoriser, les faire fructifier. DB&A a invité les participantes et participants présents à prendre trois minutes pour réfléchir à LEUR force, leur super pouvoir individuel et de ne se présenter qu’avec celle-ci. Toutes ces forces nous donnent de l’énergie, du plaisir et font intrinsèquement partie de nous, comparées aux compétences qui sont moins innées.

Alors à quoi ressemblerait ce monde où les femmes croiraient en leurs forces et où elles les afficheraient sans crainte ? A quoi ressemblerait une planète où la question de la mixité n’existerait plus ? Repartis en sous-groupes les participants ont imaginé le monde en 2042 où le sujet du genre aurait disparu. Voici le monde dessiné : florilèges des projections des participants…

  • Un monde sans mixité c’est d’abord un monde où les statistiques hommes/femmes n’ont plus lieu d’être.
  • Les hommes et les femmes suivent la même trame, fluide, il n’y a plus de jeu de pouvoir : les femmes ont investi massivement les écoles d’ingénieurs et la question du genre ne se pose plus pour nombre de métiers.
  • L’ouverture d’esprit a pris tout son sens et n’est plus un masque derrière lequel on se cache pour avoir bonne conscience : il n’y a plus de hiérarchie entre genres, le temps de travail n’est plus un sujet car on s’adonne au jeu de la complémentarité : on travaille moins mais on est plus efficace.
  • le télétravail et la digitalisation sont complètement développés. Car oui, la maison s’est substituée à l’entreprise : c’est notre premier lieu de travail désormais.
  • Les organisations sont décloisonnées et permettent de pouvoir s’adapter immédiatement à toutes les transformations qui s’opèrent et aux problématiques sous-jacentes.

 

Alors finalement le monde de demain, comment sera-t-il ? En 2042, la mixité sera passée d’un sujet de femmes à un sujet tout court, qui nous concerne tous. En 2042, nous vous réinviterons à un afterwork sur le même thème et les hommes seront nombreux dans la salle. En 2042, société, entreprises et mentalités seront plus agiles, ouvertes et adaptables pour accueillir la diversité et se réinventer en conciliant enjeux personnels, sociétaux et vie de l’entreprise.