Pour clore la saison des afterworks Openmind Kfé autour du thème « Et si on réinventait l’entreprise… », nous avons voulu porter un regard nouveau sur cette entreprise décortiquée et réinventée tout au long de l’année. Et si l’inspiration était à coté de nous ? Devant nous, voire en nous ? N’avons-nous pas avec le corps humain une organisation aux rouages millénaires, une réussite d’adaptation continue à son environnement ? Que pouvons-nous apprendre des systèmes du corps humain et du vivant pour améliorer le fonctionnement des entreprises ?

 

L’équipe de WhySenS nous a proposé d’approfondir cette métaphore au cours d’un voyage apprenant et digital sur le vivant, pour prendre du recul sur l’entreprise. WhySenS est une agence de management spécialisée dans les transformations apprenantes des systèmes. S’inspirer du vivant est au cœur de leurs préoccupations en raison du parcours de ses Dirigeants.

 

Le cerveau ou un exemple de coopération, de communication, de décision et d’adaptation

Difficile de comprendre le corps humain, sans en comprendre l’organe le plus élaboré : le cerveau. Neuro-généticienne et Directrice de Recherche à l’Institut Imagine, Laurence Colleaux a ouvert la soirée par un voyage au cœur du cerveau en présentant ses recherches sur les maladies du neuro-développement.

Le cerveau, c’est avant tout un fonctionnement en coopération. Coopération entre ses deux hémisphères qui ont la même morphologie mais des fonctionnements et des besoins différents. A gauche, c’est le règne de la pensée concrète, du raisonnement, c’est le berceau du langage et de la logique. A droite, place à la pensé abstraite, à l’émotion, à la créativité et à l’imagination… La coopération se joue aussi entre nos différents modes mentaux. Nous passons ainsi en permanence d’une gouvernance à une autre : le cerveau reptilien en charge des automatismes, le limbique, centre de la mémoire et des apprentissages et le néocortex responsable des pensées complexes, logiques et abstraites.

Le cerveau coopère par le biais de la communication : les structures cérébrales ne fonctionnement que grâce aux nombreuses connexions par lesquelles elles s’influencent mutuellement. En effet, 100 milliards de neurones siègent dans notre cerveau et chacun compte entre 5000 et 20 000 connexions : les communications sont innombrables. Nous comptons 5 à 10 fois plus de connexions neuronales que le réseau Internet mondial !

Un cerveau qui coopère, qui communique et qui décide… 5 mille décisions environ sont prises par jour.

En enfin notre cerveau s’adapte et se modèle en permanence. La plasticité cérébrale est une propriété essentielle du cerveau : elle consiste en une destruction et reconstruction de connexions, en réponse à la pratique et à l’apprentissage. L’architecture du cerveau de chaque individu est ainsi modifiée de façon unique en fonction de ses expériences.

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Un cerveau est un organe duquel nous avons beaucoup à apprendre… et le monde de la recherche s’en inspire. L’institut Imagine a rendu possible ses dernières découvertes grâce à l’adaptation de son fonctionnent interne – mettre le patient et sa famille au cœur du bâtiment a favorisé la pollinisation entre les équipes pluridisciplinaires (medécins, chercheurs, équipes soignantes, start ups) – et à une coopération active de l’écosystème international des chercheurs.

 

Le corps humain ou un exemple de fonctions fédérées

Pour son premier atelier digital, WhySens nous a invité à bâtir des parallèles entre les organes humains et les fonctions dans l’entreprise : qui joue le rôle des os, des poumons ou encore du cœur dans l’entreprise ?

Beaucoup de participants retrouvaient leur fonction dans le visage : la bouche qui communique, les yeux qui donnent la vision long terme, le cerveau qui innove, l’oreille qui écoute… Les fonctions très opérationnelles se retrouvaient bien dans les jambes, membres ancrés dans la réalité ou les pieds pour concrétiser, assurer au quotidien. Les fonctions support dans le squelette ou les épaules pour faire tenir l’organisation. La direction du digital trouvait écho dans l’adrénaline qui stimule pour inventer de nouvelles choses.

Le corps humain, c’est une somme d’organes fédérés vers un même objectif, qui marchent en cadence et qui, in fine, font sens. Danièle Clergeot, Directrice Générale Adjointe de la Compagnie des Alpes, a témoignée, sur son rôle lors de la création de la Fondation du Domaine de Chantilly et sur l’importance de l’unité en partageant avec les participants la métamorphose du site opéré ces dernières années. En effet, Danièle a eu pour mission d’embarquer des parties prenantes diverses (Stake Holders, Elus, Experts du pattrimoine et associations) pour sauvegarder et pérenniser le Domaine, alors très éclaté, en lui créant une nouvelle dimension à la fois économique, touristique et architecturale. Ce domaine princier au charme inouï s’étend sur une superficie de 4 mille hectares où se love un patrimoine très diversifié : châteaux, collections et œuvres d’art, une bibliothèque, jardin à la française, forêt, les grandes écuries… éclaté également dans la pluralité des statuts et horaires de travail des 150 salariés. Qui dit diversité, dit richesse, mais aussi complexité…

Danièle a su réaliser l’ambition de révéler la « belle endormie » en fédérant l’ensemble et en bousculant les codes ancrés par des décisions parfois délicates à mettre en œuvre. Parler de « Domaine », et non pas de ses entités, permet maintenant d’offrir une expérience au public et donc de le fédérer. Cela a également redonné du sens au personnel et créé une boucle vertueuse et stimulante pour l’ensemble des partenaires (Etat, région, ville…). Aujourd’hui, le domaine a été positionné sur l’échiquier mondial du tourisme avec ses 400 00 visiteurs annuels, source d’une vraie fierté d’appartenance.

Comme dans le corps humain, il y a une réciprocité entre les parties prenantes ; il y a l’exemplarité de la tête qui doit incarner et il y a un sens, un objectif commun (la vie !) qui fédère.

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En conclusion, nous avons de multiples ressources à aller puiser en nous pour adapter les entreprises. Ces e-oméga 3, comme les a baptisées Whysens, c’est à nous d’aller les chercher, de faire des parallèles pour stimuler la circulation de l’énergie (s’oxygéner, partager une activité physique), pour analyser des signes de bonne santé (sourire, bien-être) et pour, en fin de course, entretenir la forme !